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PARACÉTAMOL, IBUPROFÈNE : VERS UN CONTRÔLE RENFORCÉ DE LA VENTE?

Le paracétamol peut entraîner des lésions graves du foie. Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (ibuprofène, aspirine) sont à l’origine de complications rénales. Si ces médicaments sont sûrs lorsqu’ils sont correctement utilisés, ils présentent des risques lors d’une utilisation inadéquate. Or, le paracétamol et l’ibuprofène comptent parmi les médicaments les plus utilisés en automédication chez les adultes et les enfants. Dans ce contexte, l’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) demande qu’ils ne soient plus en libre accès et soient tous placés derrière le comptoir du pharmacien, renforçant ainsi son rôle de conseil auprès des patients qui souhaitent en disposer en particulier sans ordonnance.

Douleurs et médicaments : la France menacée

Publiée au cœur de l’été dans l’European Journal of Pain, une étude de l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA*) révèle l’augmentation très significative de la consommation de médicaments antalgiques opiacés prescrits, et ses dangers.

Entre 2004 et 2017, la consommation d’opioïdes faibles a ainsi augmenté de 150 % pour la codéine et de 123 % pour le tramadol. La consommation d’opioïdes plus forts progresse également, en particulier l’oxycodone, dont l’usage augmente de 1950 % en général, 1180 % dans le traitement des douleurs non cancéreuses.

Parallèlement, les hospitalisations liées aux consommations de ces médicaments augmentent de 14 à 40 pour 1 000 000 soit une hausse de 167% entre 2000 et 2017. Les décès liés aux médicaments opiacés progressent également de 1,3 à 3,2 pour 1 000 000 (+ 146 % entre 2000 et 2015).

Ces tristes statistiques demeurent très inférieures aux niveaux de consommations et de risques constatés aux Etats-Unis, où 2066 personnes sont mortes d’une overdose d’opioïdes qui leur avaient été prescrits entre juin 2016 et juin 2017.

Néanmoins, l’OFMA tire la sonnette d’alarme, au regard des risques d’addictions liés à ces médicaments. Initialement développés aux fins de lutte contre les douleurs cancéreuses, les opioïdes sont désormais massivement prescrits pour soulager les douleurs chroniques, lombaires, de la hanche ou l’arthrose du genou, notamment.

Dans les colonnes de Chiro Info, l’AFC a régulièrement relayé cette alerte et soutenu le recours aux traitements non invasifs et non-médicamenteux pour soulager les douleurs neuro-musculo-squelettiques.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30051548